LE DESORDRE

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PRISONNIERES & PRISONNIERS POLITIQUES, LUTTES, GEORGES IBRAHIM ABDALLAH, جورج ابراهيم عبدالله


Georges Abdallah [Eléments - Intervention des USA]

Publié par LE DESORDRE sur 24 Novembre 2013, 12:52pm

Catégories : #Georges Abdallah, #GA - Articles-tracts

Sticker Georges AbdallahGeorges Abdallah est arrêté à Lyon le 24 octobre 1984. Il est tout d’abord inculpé de faux et usage de faux pour la possession d’un passeport Algérien. Il est ensuite inculpé pour association de malfaiteurs et détention d’explosifs. La peine encourue pour ces inculpations ne peut dépasser quelques années.

Rapidement les Etats-Unis interviennent pour bloquer une éventuelle libération de Georges Abdallah. Leurs services secrets agissent avec les services secrets français pour « trouver des preuves » contre lui. Les diplomates Etats‑Uniens multiplient les déclarations visant à faire pression sur le gouvernement français et ses juges. Au plus haut niveau étatique, Reagan, le président des Etats-Unis de l’époque évoque le dossier directement avec Mitterrand, le président Français.

Le témoignage de Jacques Attali, conseiller de François Mitterrand, daté du 27 juin 1986, illustre les interventions de l’époque : «  … Le conseiller pour la Sécurité de Ronald Reagan, John Pointdexter, nous télégraphie pour nous mettre en garde contre une éventuelle libération d 'Ibrahim Abdallah avant son procès et avant que les autorités américaines n'aient toutes les preuves relatives aux charges contre lui. Son gouvernement, rappelle-t-il, s'est porté partie civile dans ce procès, et le Président américain y voit une occasion de démontrer la capacité et la volonté des sociétés démocratiques de faire pleinement justice contre ceux qui sont accusés de commettre des actes de terrorisme.* " ». (Jacques Attali - Verbatim, tome lI. Chronique des années 1986 - 1988, p. 104 et 105)

Le 10 juillet 1986, Georges Abdallah est condamné à quatre ans de prison par le tribunal correctionnel de Lyon. Mais un autre dossier est en cours à Paris dans lequel les Etats-Unis se sont portés civil.

Le 28 janvier 1987 la chambre d’accusation de Paris décide de renvoyer Georges Abdallah devant une cour d’assise. Tout va très vite. Le procès débute de 23 février 1987. Cinq jours après, le samedi 28 février 1987 au matin, une cour d’assise spéciale composée de sept magistrats professionnels condamne Georges Abdallah à la réclusion criminelle à perpétuité. La délibération n’a duré que 70 minutes.

Le journal LE MONDE dans un article publié le 03 Mars 1987 écrit alors « Les milieux officiels et les médias américains ont réagi au verdict du procès Abdallah en saluant, de façon unanime, le courage des juges et un acte à l'"honneur" de la justice française. A Washington, le département d'Etat s'est déclaré "satisfait", samedi 28 février, de la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité de l'inculpé. ».

Le journal l’Humanité avait quant à lui écrit : « Washington a gagné, sous les applaudissements de Tel-Aviv (...). Le procès Abdallah a été de bout en bout piloté pour et par une puissance étrangère ».

Depuis lors les interventions des Etats-Unis contre la libération de Georges Abdallah n’ont pas cessé.

Les derniers exemples en date remontent à fin 2012 et début 2013.

Le 21 novembre 2012, le Tribunal d’application des peines émet un avis positif à la libération de Georges Abdallah. Immédiatement, via un communiqué de presse daté du même jour,  l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en France Charles Rivkin déclare  « Les Etats-Unis se sont toujours opposés à la libération de Monsieur Abdallah. […] J’espère que les autorités françaises feront appel de la décision prise aujourd’hui et qu’elle sera annulée. »

Le jeudi 10 janvier 2013 la presse annonce la libération de Georges Abdallah, pour se rétracter rapidement. Rien n’était fait. Dès le lendemain, lors d’un point presse quotidien, le département d’Etat des Etats-Unis peut réaffirmer agir auprès du gouvernement français pour empêcher la libération de Georges Abdallah

« QUESTION: Do you have any reaction on France releasing Georges Ibrahim Abdallah? »

MS. NULAND: … we are concerned about this release. We don’t think he should be released, and we are continuing our consultations with the French Government about it.  

Le 28 janvier 2013 est publié à Washington un courrier signé de 21 membres du congrès Etats-Uniens, républicains et démocrates réunis, adressée à l’ambassadeur de France pour s’opposer à la libération de Georges Abdallah « Please ensure that George Ibrahim Abdallah remains in prison for life. ».

Pour les Etats français et étatsuniens, garder Georges Abdallah en prison après trente ans d’enfermement n’est pas une décision politique. Et pourtant …

Lors du procès de 1987, Georges Abdallah déclarait « Bien sûr, vous n'êtes pas ici pour parler politique, c'est clair, vous êtes ici simplement pour juger des actions qui ont perturbé la paix de votre ordre ; pour connaître le sens de cette paix "apolitique »

« … Non, Messieurs, votre Cour est loin d'être apolitique. Non, Messieurs, votre procès loin d'être légitime s'inscrit sur le drapeau légal de la guerre impérialiste menée contre notre peuple, balayant par là même les bonnes intentions de ceux qui jouent les bons offices auprès de vos patrons, ainsi que les illusions de ceux qui ont cru hypocritement que la vipère change de nature en changeant de peau. Avec quelle sérénité et quelle indépendance prétendez-vous juger des actes de guerre en les isolant du processus général de l'agression impérialiste perpétrée contre notre peuple ? »

« … Bien sûr, il n'y a pas de raison pour que le bourreau soit accusé, ses victimes ne sont en fin de compte que des Arabes, des Africains, des Asiatiques et des Latino-Américains ; et leur extermination n'est ni un délit ni un crime pour la justice occidentale. C'est dans cet état d'esprit que la chambre d'accusation a établi ses prétendues charges irréfutables contre moi. »

Comme il y a trente ans, les Etats-Unis d’Amérique et les gouvernements successifs français veulent garder Georges Abdallah emprisonné afin de démontrer « la capacité et la volonté des sociétés démocratiques de faire pleinement justice contre ceux qui sont accusés de commettre des actes de terrorisme ».

En avril 1982, les FARL (Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises) écrivaient : «La presse impérialiste et les gouvernements qui soutiennent l’impérialisme, comme le gouvernement Français, crient au « terrorisme ». Qui sont les terroristes ? Ceux qui tuent un jeune Cisjordanien parce qu’il résiste à l’annexion de son pays par Israël, ceux qui bombardent les populations civiles du Sud Liban, ceux qui tuent aveuglément et osent se réclamer d’un pseudo « cessez le feu ».

Nous, nous attaquons ceux qui organisent le génocide du peuple Palestinien. Nous, nous sauvegardons la vie des innocents même au péril de notre propre sécurité. […]

C’est notre droit de nous défendre.

C’est notre droit aussi d’attaquer l’impérialisme partout où il sévit et en particulier là où il bénéficie du soutien politique du gouvernement en place. »

Trente ans après son arrestation, Georges Abdallah reste le symbole d’une organisation qui a combattu là où l’impérialisme se croyait en sécurité. Et c’est pourquoi il est toujours en prison.

Le 24/11/2013. Des camarades du soutien

Liberté pour Abdallah !

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