LE DESORDRE

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PRISONNIERES & PRISONNIERS POLITIQUES, LUTTES, GEORGES IBRAHIM ABDALLAH, جورج ابراهيم عبدالله


Prison de Lannemezan 2015 - Prise de parole des camarades de Bagnolet pour Georges Abdallah

Publié par LE DESORDRE sur 25 Octobre 2015, 14:03pm

Catégories : #GA - Mobilisation, #GA - Articles-tracts

Avant toute chose, une pensée pour les prisonniers enfermés ici et un chaleureux salut aux camarades basques emprisonnés. gora euskadi askatuta et à bas toutes les prisons !

Derrière ces sinistres barreaux d’une prison française, ici à Lannemezan, résiste un combattant arabe, un révolutionnaire, un communiste. Nous sommes toutes et tous ici pour lui.

Il s’agit de Georges Ibrahim Abdallah.

Il a été arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, il y a trente et un an exactement aujourd’hui. Et depuis il est debout face à ses geôliers, sans rien renier de son engagement.

L’entrée en résistance de Georges Abdallah n’a pas commencé le jour de son incarcération, et ne s’arrêtera pas le jour de sa libération. Georges est un résistant sincère qui a une histoire politique forte avec un engagement sans faille pour la cause internationaliste qu’il défend.

Il s’est très jeune engagé dans la résistance aux côtés du peuple palestinien. Il a même été blessé en 1978 lors de l’invasion israélienne du Sud-Liban et en 1982 et il a rejoint la résistance populaire contre l’invasion du Liban par l’armée sioniste.

Dans les années 80, la Fraction Armée Révolutionnaire Libanaise proclame son droit à se défendre contre l’invasion sioniste et son droit aussi d’attaquer l’impérialisme partout où il sévit.

Les actions revendiquées par la Fraction Armée Révolutionnaire Libanaise, et pour lesquelles Georges Abdallah a été condamné par une Cour d’exception, sont des actions parfaitement ciblées.

Charles Ray, exécuté en janvier 1982 sur le territoire français, était Lieutenant-Colonel de l’armée Etats-Uniennes. Il était attaché militaire en poste à Paris à l’ambassade des US. Il était également un vétéran de la guerre contre le peuple vietnamien.

Yacov Barsimentov, exécuté à Paris en avril 1982, était un diplomate israélien, chef en France du Mossad, les services secrets sionistes. Ce Mossad sanguinaire qui à l’époque tuait impunément dans les capitales européennes de potentiels opposants, tel ce physicien nucléaire égyptien égorgé à Paris en juin 1980.

Comme le déclarait Nelson Mandela, « C’est toujours l'oppresseur, non l'opprimé qui détermine la forme de lutte. Si l'oppresseur utilise la violence, l'opprimé n'aura pas d'autre choix que de répondre par la violence. ». Les FARL n’ont fait que répondre à la violence de l’oppresseur par la violence de l’opprimé.

Le 27 septembre 2015 au cours du premier bombardement aérien en Syrie par l’armée française, 12 enfants sont tués par les bombes françaises lancées par des militaires français. Le Général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, sera-t-il poursuivi pour crime de guerre pour la tuerie de ces 12 enfants ?

Le 3 octobre 2015 des avions de guerre américains bombardent en Afghanistan un hôpital.
22 civils, dont des enfants, sont tués par des bombes US lancées par des militaires nord-américains. Le général John Campbell, chef des forces US et de l’Otan en Afghanistan, sera-t-il poursuivi pour crime de guerre pour la tuerie de ces 22 civils ?

Et qui jugera les si nombreux crimes de guerre commis par les sionistes en Palestine, à Rafah, à Jenine, à Gaza, et tant d’autres lieux et qui condamnera les coupables ?

La justice française, nous le savons tous ici, est une justice de classe. Après les révoltes de Villiers-le-Bel, elle a condamné à 15 et 12 ans de prison Abderrahmane et Adama Kamara sans preuves et essentiellement sur la base de témoignages anonymes rémunérés. A Bagnolet nous connaissons bien cette crainte de l’Etat pour tout ce qui pourrait donner un amalgame explosif - la banlieue et un projet de société libérée. C’est cette crainte qui pousse l’Etat au service du capital à tant amplifier sa contre-révolution préventive et à développer ses moyens de répressions.

Mais pour en revenir à la justice de classe, c’est cette justice qui ne dit rien quand un des avocats de Georges Abdallah, Jean-Paul Mazurier, avoue avoir été sous l’emprise des services secrets français lorsqu’il était censé défendre Georges.

Cette justice qui voit Georges Kiejman, l’avocat du gouvernement américain lors des procès des années 80, être nommé par la suite, en 1990, ministre de la justice d’un gouvernement socialiste.

Cette justice qui affiche au grand jour ses connivences avec le gouvernement Etats-Uniens qui intervient avec autorité pour que Georges Abdallah reste enfermé à vie.

Cette justice qui s’efface lorsqu’un ministre de l’intérieur, Manuel Valls, conchie la séparation des pouvoirs et bloque, en 2013 en ne signant pas un avis d’expulsion, la décision des juges de libérer Georges Abdallah.

Et qu’importe la couleur politique du pouvoir en place. Depuis plus de trente ans ces pouvoirs politiques changent. Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande pour les présidents… Alliot-Marie, Dati, Taubira pour ne citer que quelques-uns des derniers ministres de la justice… droite/gauche … UMP/PS … Tous mènent la même politique que nous combattons !

Pour finir rappelons le rôle que joue, ou que ne joue pas, le gouvernement libanais. Celui-ci se refuse à réclamer fermement la libération de Georges Abdallah. Mais comment s’en étonner lorsqu’on sait qu’en avril 2015 Jean-Yves Le Drian le ministre français de la Défense était à Beyrouth pour une livraison d’armes françaises à l’armée libanaise. C’est le régime réactionnaire de l’Arabie Saoudite qui paie la France pour livrer ces armes au Liban. Et il y en a pour 3 milliards de dollars. L’accord a été supervisé par « Israël » qui a émis un droit de veto sur certaines armes livrées. Elle craignait de les voir arriver aux mains de la résistance.

Georges Abdallah est un symbole d’aujourd’hui de la lutte contre le sionisme, contre le capitalisme et contre l’impérialisme.

Le combat pour la libération de Georges Abdallah n’est pas un combat humanitaire et ce n’est pas un combat d’indignation. C’est un combat politique contre un système à abattre.

S’engager dans le combat pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah est un engagement exigeant.

C’est défendre le droit des peuples à la lutte armée contre les oppresseurs, les états réactionnaires, les colons, les armées impérialistes.

C’est reconnaître, quand elle s’exprime, la légitimité de la violence des salariés, des exploités, des précaires contre les exploiteurs, les profiteurs les accapareurs les représentants de la classe dirigeante et du capital.

C’est soutenir la révolte salutaire des quartiers en réponse au racisme et à l’islamophobie de l’Etat, à sa violence sociale et aux crimes impunis des flics, « porcs assassins » comme dit la chanson.

Nous sommes du combat de Georges Abdallah et il est de nos luttes.

Palestine vaincra !

Prise de paroles des Camarades du Soutien de Bagnolet lors du rassemblement du 24 octobre 2015 à Lannemezan pour Georges Abdallah

Prison de Lannemezan 2015 - Prise de parole des camarades de Bagnolet pour Georges Abdallah